Salon la presse au futur

Le salon la presse au futur qui se tenait cette année à la Salle Cap 15 à Paris les 20 et 21 novembre 2013 a pour objectif de refléter les mutations auxquelles sont confrontés les professions de la sphère des médias et d’apporter des solutions aux problématiques qui émergent en parallèle de ces changements. Ces évolutions ainsi que le déroulé du salon sont détaillés ici.

Ce salon était donc clairement orienté du côté des annonceurs venus présenter leurs produits par le biais de séances plénières, d’ateliers et de stands d’exposition. Des interventions destinées donc aux professionnels des médias, parfois absconses pour de non-initiés (que nous sommes) mais toujours enrichissantes.

 

Retour sur celles qui nous ont le plus marqué.

 

La vidéo, sésame pour développer l’audience d’un site de presse.

 

Une des séances plénières était consacrée à la place et l’impact de la vidéo dans un site de presse. C’est un sujet qui, s’il n’entre pas précisément dans le cadre de l’édition numérique, offre de nouvelles pistes de réflexion à explorer. Par le support concerné tout d’abord, à savoir la vidéo, et ensuite par les problématiques évoquées qui soulignent l’importance de l’image et du son dans la publication web.

 

Ce qu’il faut retenir c’est que la vidéo crée de l’événement, qu’elle attire des visiteurs et par là même augmente le nombre d’annonceurs. En effet, concernant un site de presse, on ne peut penser vidéo sans annonceurs, dans la mesure où celles-ci sont proposées gratuitement. C’est le principe du web : on a accès à des contenus gratuits, mais on accepte d’être accablé de publicités en contrepartie.

 

La séance était animée par Didier Falcand, directeur des Clés de la Presse, et présentait trois sites de presse : celui du JDD, du Figaro et de Télé Loisirs.

 

Sur le site web du JDD.

 

L’offre de vidéos s’élève pour l’instant à 10 à 15 vidéos publiées le dimanche pour une semaine. C’est peu mais le but annoncé, et la justification, est une volonté de produire de l’information dans une logique qualitative et non pas quantitative. Ainsi les vidéos font systématiquement écho aux articles papier. La production est uniquement interne, les journalistes sont formés au tournage et au montage.

Là où transparaît l’importance de la publication numérique dans le travail journalistique, c’est dans le souhait affiché d’adopter le réflexe de penser à la vidéo dès qu’un sujet se présente, quel que soit la spécialité du journaliste. De penser web en somme.

 

 

Sur le site web du Figaro.

 

Ici, les vidéos sont présentées en réalité augmentée mais aussi intégrées au PDF reçu par les abonnés. Le studio de tournage est intégré à la rédaction, ce qui montre l’importance de la vidéo dans le travail du journaliste en presse écrite. Le Figaro développe en outre un partenariat important avec BFM TV. Ce n’est néanmoins pas un achat d’images mais plutôt un échange de visibilité.

A terme, le souhait de la rédaction est d’aboutir à la création d’un service vidéo spécifique, dans lequel un journaliste de la vidéo accompagnera le journaliste papier si le besoin s’en fait sentir.

Le discours de l’intervenant met bien l’accent sur l’enjeu publicitaire important qui restreint la diffusion sur des plateformes telles que Youtube ou Dailymotion. Comme nous avons déjà pu le préciser, les contenus gratuits rendent nécessaire de passer par la publicité, une vidéo coûtant cher à tourner, monter etc.

 

On note donc là aussi la volonté d’intégrer la production de vidéos dans les réflexes de base du journaliste, insistant par là sur le fait que la publication numérique ne peut se contenter du seul texte.

 

 

Sur le site web de Télé loisirs.

 

La stratégie est ici clairement axée sur la vidéo, du fait des contenus proposés.

La vidéo est présentée comme étant au cœur de la stratégie de développement du site, mais plus largement de l’univers du digital. L’offre est ici très variée et passe par exemple par l’intégration de bandes-annonces, de teasing, par des interviews de personnalités qui font l’actualité du petit écran… Une autre spécificité est l’importance du zapping. Là aussi le studio de production est en interne, et la plupart des vidéos viennent de cette production. Contrairement aux deux autres sites, le lien est faible entre le print et le digital, même si les journalistes de l’équipe print participent à la production de vidéos.

L’intégration de vidéos a amené à une réorganisation géographique afin que les journalistes soient regroupés dans le même espace, dans une volonté d’échange de compétences, ce qui montre bien encore l’importance de ce média.

Une problématique intéressante a été soulevée. Il s’agit de la nécessité de bien distinguer la télé de la vidéo sur Internet, ne serait-ce qu’en terme de format et ainsi d’éviter l’écueil de faire de la télé, ni du print en vidéo. En effet, il faut rester lucide sur le fait que l’on ne peut pas nécessairement adapter le contenu print à la vidéo. Ce genre de questionnement peut aisément se justifier aussi dans le monde de l’édition numérique et s’intégrer au débat sur la différence entre un livre papier et un livre numérique en terme de contenu.

Cette obsession du cloisonnement des formes de publications a de plus une portée commerciale. En effet, selon les dires de l’intervenant, « dès lors qu’un acheteur devient un internaute, on perd de l’argent ».

 

La vidéo représente donc un enjeu de taille pour la presse dans ces cas spécifiques, mais aussi de manière plus large dans la publication web en général.

 

Mathilde Fohanno

 

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