16ème Colloque International sur le Document Électronique – CIDE 16

Le CIDE 16 s’est tenu à l’Université de Lille 3 les 21 et 22 novembre 2013 et avait pour sujet les dispositifs numériques : contenus, interactivité et visualisation. Organisées par les laboratoires GERiiCO de Lille 3 et Paragraphe de Paris 8, ces deux journées de présentation ont été riches en interventions, en diversité, en contenus et toutes les deux étaient donc orientées autours, principalement, des projets et des résultats de recherches.

Les actes du colloque sont disponibles à l’achat sur le site d’Europia Production.

Ayant assistée aux deux journées, je ne reviendrais que sur quelques-unes de ces interventions. À noter que certaines n’ont pas eu lieu.

 

Session « Expérience de lectures sur dispositif multimédia »

Lecteurs Numériques : qui êtes-vous ?

Un cahier de recherche sur hypothèse est également disponible pour suivre de plus près cette recherche et la communication autour de cette dernière.

Les résultats qui sont présentés sont le fruit de recherches menées par Françoise Paquienséguy, Sylvie Bosser et Mathilde Miguet, intitulées « Usages de l’e-book et pratiques d’écran : des digital contents à une mutation culturelle ? ».

Au cœur de leur étude, ces chercheurs ont mis l’accent sur trois tensions qui affecteraient les usages qui sont fait des liseuses et autres tablettes :

  • La première tension mise en avant est celle d’une « vision monothéiste du livre » (Doueihi, 2013), qui serait limitatrice et conduirait à penser la lecture dépendante de l’objet livre.
  • La deuxième tension concerne la distinction entre les lecteurs les plus expérimentés pour qui le numérique n’apporte que plus de confort et de praticité et ceux qui font des découvertes multiples, lisent de nouveaux formats de lecture et font plusieurs activités en même temps.
  • Enfin la troisième tension est de considérer la lecture de loisir comme étant sous l’emprise des habitudes et références forgées.

À travers l’étude menée, les auteurs de cette recherche avancent quelques résultats et insistent sur « le poids des pratiques professionnelles de lecture à l’écran dans la formation des usages liés à la lecture numérique ».

Résultats :

  • Les pratiques professionnelles de lecture ont entrainé les lecteurs à lire du PDF, lecteurs qui sont capables d’identifié des caractéristiques idéales du PDF en question : entre 15 et 50 pages, en noir et page, mise en page propre, sommaire et d’autres caractéristique propres à Adobe.
  • La diversité et la multiplication des documents disponibles permettent aux lecteurs d’anticiper le type de lecture en fonction du temps qu’ils disposent ou du contexte dans lequel ils pourront le lire. Format courts pendant les déplacements en transport en commun par exemple.
  • Un lecteur papier assidu le reste sur son nouveau support numérique.
  • Les utilisateurs de tablettes tactiles auraient, quant à eux, une tendance à l’acquisition. Ils amassent les contenus et téléchargent ce qui serait susceptible de les intéresser dans un futur plus ou moins proche.

 

Les recherches menées permettent de confirmer des pratiques de lecture totalement liées soit au parcours du lecteur en tant que tel, soit au parcours du technophile ou pratiquant intensif de ces technologies et avant tout de la tablette tactile. Les deux profils se croisent et se complètent ».

Toutes ces données sont issues de leur production pour l’ouvrage des actes du colloque.

PAQUIENSEGUY Françoise (2013). « Lecteurs numériques : qui êtes-vous ? », dans Dispositif Numériques : contenus, interactivité et visualisation, Paris : Europia Productions, p. 17-25

 

Session « Médiation culturelle »

Le « Vase qui parle »

Juliette Dalbavie et Michèle Gellereau du laboratoire GERiiCO de Lille 3 sont venues nous présenter le projet du « Vase qui parle », artefact et avatar est un projet réalisé avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication.

Le « Vase qui parle »

Le « Vase qui parle »

Ce fameux vase est en fait une reproduction à l’échelle 17 d’un vase en céramique de 12 cm de hauteur. Le  « Vase qui parle » est un artefact qui allie l’objet d’art à l’interaction via le pointeur, via la musique ou les récits des différents personnages que l’on rencontre dans la découverte de ce vase.

Pour cette visite un peu spéciale, les visiteurs étaient munis d’un pointeur laser infrarouge qui permet de pointer certains endroits du vase afin de découvrir les bandes sons associées.

Ce projet a mis en avant l’interactivité entre l’homme et l’objet d’art, le vase parle directement au visiteur à travers ses récits, il fait vivre les personnages qui l’habitent, et guide le visiteur dans sa visite. De son côté le visiteur reste maître de sa visite en cliquant ou non sur telles ou telles parties du vase.

Objet de médiation par excellence, une enquête qualitative a été menée afin de définir cette expérience à travers l’observation des visiteurs. Les mots qui ressortent sont : expérience sensorielle, immersion, esthétisme, effet de surprise, innovant.

« Juste équilibre entre l’art, l’archéologie et la technique. »

Pour plus d’informations :

Le vase qui parle

Quand un objet numérique dernier cri fait « parler » un vase de l’Antiquité

 Toutes ces données sont issues de leur production pour l’ouvrage des actes du colloque.

DALBAVIE Juliette, GELLEREAU Michèle (2013). « Le vase qui parle : analyse d’un dispositif interactif de médiation culturelle fondé sur une technologie discrète et intuitive », dans Dispositif Numériques : contenus, interactivité et visualisation, Paris : Europia Productions, p. 49-59

 

Session « Écritures numériques»

L’article scientifique multimédia : vers un nouveau régime de visibilité de la science »

Les recherches menées par Pascal Robert, du laboratoire ELICO de l’Université de Lyon s’intéressent à la nouvelle dimension de l’article scientifique amenée par une évolution des pratiques du multimédia. Il rejoindrait des « pratiques autrefois réservées au monde de la vulgarisation voire de la communication à vocation plutôt commerciale ».

L’auteur a étudié quatre articles multimédias de la revue Jove afin de mener ses recherches et s’est inspiré de la grille d’analyse  morphologique de Jeanneret qui distingue quatre niveaux : l’éditorial, le pragmatique avec l’interaction humaine, l’opératoire et topologique avec l’espace-temps.

Afin de mieux comprendre la recherche et ses résultats il conviendrait d’approfondir mais le but ici relève du résumé la présentation.

P. Robert évoque plusieurs choses :

  • Il remarque la dominance de l’image animée/vidéo à l’instar de l’image fixe. Trois types d’images animées : vidéo démontrant une action, vidéo infographique d’entités abstraites (protéines), et les animations greffées aux images fixes. Cette dominance ne signifie pas disparition de l’image fixe qui existe toujours dans l’article multimédia. L’image animée ne se suffit pas à elle-même : une voix off et autres graphiques sont obligatoires afin d’y apporter du sens.
  • Le lecteur prend une place de « lecacteur » puisqu’il ne fait plus que lire uniquement mais devient témoin de ce qu’il se passe sous ses yeux à travers la vidéo et devient acteur par possibilité d’acter sur le déroulement de la vidéo : marche-stop-retour arrière-arrêt
  • L’homme, le chercheur qui était invisible derrière son article, derrière ses mots, prend désormais une forme physique et devient réel en apparaissant à l’écran et en parlant directement aux spectateurs. P. Robert met en évidence le fait que si lors d’un article on fait sans cesse référence à d’autres auteurs, à d’autres articles, il n’en n’est rien sur la vidéo. La place n’est plus au débat ni à la discussion.
  • Même chose pour les « outils de la science », dans l’article écrit sur papier ils n’étaient pas montrés, mais avec les images animées on va montrer l’expérience en mouvement, les ustensiles (pipettes et autres) en action. Roberts distingue deux lieux où la science s’effectue, le bureau où le scientifique parle et le laboratoire où l’action se passe.

 

« L’article scientifique relevé jusque-là de manière privilégiée d’une logique de l’Ekphrasis, de la capacité à donner à voir à travers les mots ». Désormais l’article passe par deux nouvelles logiques : celle de l’exposition, de la démonstration, et celle du didactisme, de la pédagogie et de la vulgarisation.

 

Toutes ces données sont issues de leur production pour l’ouvrage des actes du colloque.

ROBERT Pascal (2013). « L’article scientifique multimédia : vers un nouveau régime de visibilité de la science », dans Dispositif Numériques : contenus, interactivité et visualisation, Paris : Europia Productions, p. 93-100

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Vous pouvez retrouver les informations sur ce 16è colloque international du document électronique sur le site.

En 2014 le CIDE 17donc porterai sur le livre de manière générale et pourrait se dérouler de l’autre côté de la Méditerranée. On attend les infos !

 

Em’ Mercier

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